Analyse de Cycle de Vie : nos engagements pour une responsabilité numérique durable
Dans notre précédent article « État des lieux des initiatives Green IT chez BTI-Advisory », nous avons présenté notre approche de responsabilité numérique, en mettant l’accent sur quatre principes clés : mesurer pour comprendre, agir pour réduire, communiquer pour sensibiliser et continuer pour s’améliorer.
Pour concrétiser nos objectifs Green IT 2023, nous avons adopté la méthodologie d’analyse de cycle de vie (ACV) pour évaluer notre système d’information de manière exhaustive.
Cet article résume nos résultats obtenus grâce à cette démarche, démontrant notre engagement envers la durabilité environnementale.
Ce projet s’inscrit dans la continuité de notre démarche RSE et Green IT visant à avoir une empreinte sociétale positive et à réduire notre impact environnemental. En tant qu’entreprise du secteur tertiaire, notre utilisation intensive de produits et services numériques nous pousse à quantifier et minimiser cet impact, en effaçant la notion de dématérialisation souvent associée à l’informatique.
Les objectifs de ce projet sont :
Afin de comprendre où sont nos impacts et comment nous pouvons y remédier, il est indispensable de mesurer quantitativement et d’analyser qualitativement nos usages.
L’analyse de cycle de vie (ACV) est une méthodologie utilisée pour évaluer les impacts environnementaux de produits ou services. Elle est normée ISO 14040/14046. Les caractéristiques d’une ACV sont les suivantes :
| Indicateur | Explication | Unité |
|---|---|---|
| ADPe | Utilisation des ressources minérales et métalliques – Ces ressources abiotiques minérales et métalliques sont limitées. Cet indicateur mesure la quantité en équivalent antimoine retirée de la nature. | Equivalent Kilo d’antimoine (kg Sb eq) |
| ADPf | Utilisation des ressources fossiles – Ces ressources abiotiques fossiles sont limitées. Cet indicateur mesure la quantité en mégajoule c’est-à-dire l’énergie potentielle dégageable de cette extraction. | Mégajoule (MJ) |
| AP | Acidification – Cet indicateur calcul la perte de nutriments (calcium, magnésium, potassium…) et leur taux de remplacement par des éléments acides (comme des ions hydrogène) | Equivalent Molécule d’hydrogène (mol H+ eq) |
| CTUe | Ecotoxicité eau douce – Cet indicateur mesure l’émission des substances toxiques dans l’eau douce. | (CTUe) |
| CTUh-c | Toxicité pour l’homme cancérogène – Cet indicateur reflète les dommages potentiels sur la santé humaine qui accentuent la possibilité de cancers. | (CTUh) |
| CTUh-nc | Toxicité pour l’homme non cancérogène – Cet indicateur reflète les dommages potentiels sur la santé humaine. | (CTUh-nc) |
| Epf | Eutrophisation de l’eau douce – Cet indicateur mesure le potentiel de pollution de certains écosystèmes lorsque que trop de nutriments sont introduits, créant des algues. | Equivalent kilo de phosphore (kg P eq) |
| Epm | Eutrophisation marine – Cet indicateur mesure le potentiel de pollution de certains écosystèmes lorsque que trop de nutriments sont introduits. | Equivalent kilo d’azote (kg N eq) |
| Ept | Eutrophisation terrestre – Cet indicateur mesure le potentiel de pollution de certains écosystèmes lorsque que trop de nutriments sont introduits. | Equivalent mole d’azote (mol N eq) |
| GWP | Changement climatique – Cet indicateur mesure le potentiel de réchauffement global lié au gaz à effet de serre ramené à leur équivalent en CO2. | Equivalent kilo dioxyde de carbone (kg CO2 eq) |
| GWPb | Changement climatique biogénique – Cet indicateur mesure le potentiel de réchauffement climatique d’un kilo d’émission biogénique de CO2 par rapport à un kilo de CO2 fossile. | Equivalent kilo dioxyde de carbone (kg CO2 eq) |
| PRPf | Changement climatique fossile – | Equivalent kilo dioxyde de carbone (kg CO2 eq) |
| GWPlu | Changement climatique utilisation des terres et changement d’affectation des terres | Equivalent kilo dioxyde de carbone (kg CO2 eq) |
| IR | Rayonnement ionisant, problématique pour la santé humaine – Cet indicateur mesure le rayonnement ionisant, forme d’énergie libérée par certains atomes rapporté à l’uranium. | Equivalent kilo d’uranium (kBq U235 eq) |
| LU | Utilisation des sols – Cet indicateur mesure l’impact relatif à l’occupation et à la transformation des terres liées à des activités humaines. | Sans dimension |
| ODP | Appauvrissement de la couche d’ozone – Cet indicateur mesure le potentiel de déplétion de la couche d’ozone dans la stratosphère. | Equivalent kilo de chlorofluorocarbures (kg CFC-11 eq) |
| PM | Matières particulaires qui augmentent l’occurrence de maladies – Cet indicateur mesure la concentration de solides et liquides en suspension dans un gaz pouvant engendrer des maladies. | Occurrences de maladies |
| POCP | Formation photochimique de l’ozone – Cet indicateur mesure le potentiel de création d’une couche d’ozone photochimique au sol. | Equivalent kilo de composés organiques volatils non méthaniques (kg NMVOC eq) |
| WU | Consommation d’eau – Cet indicateur mesure la consommation en eau, ce qui permet d’évaluer la tension sur l’eau douce. | Equivalent mètre cube (m3 eq) |
| TPE | Energie primaire totale – Cet indicateur mesure la somme de toutes les sources d’énergies en provenance de réserves naturelles (gaz, charbon, pétrole, uranium, hydraulique…). | Mégajoule (MJ) |
| WEEE | Masse des déchets électriques et électroniques – Cet indicateur mesure la masse de déchets d’équipements électriques et électronique. | Kilo de déchets électriques et électroniques (kg de DEEE) |
L’organisation est étudiée sous 10 domaines :
Pour chaque domaine, le principe est simple, il s’agit de compter. Compter combien d’ordinateurs portables du modèle X de tant de pouces nous avons, depuis combien de temps, quelle part provient du reconditionné, quelle part bénéficie d’une seconde vie, et pour combien de temps. Le principe simple devient plus complexe : où trouver la donnée, comment s’assurer de la fiabilité de nos entrées ?
Lors de notre première phase nous avions également réalisé notre propre outil de maturité que nous avions testé en interne. A nouveau, dans une démarche d’amélioration continue, nous avons réévalué nos usages du numérique à l’aide de l’outil proposé par Résilio.
Il s’agit à nouveau d’une passe domaine par domaine qui se décompose de la manière suivante :
Nous avons réalisé plusieurs passes sur cette étude de maturité. En effet, les critères de notation CMMI sont très précis et exigent une approche rigoureuse. A ce titre, certaines des bonnes pratiques sont mises en place mais peu ou pas formalisées ce qui limite notre passage à un grade CMMI supérieur. Cependant, cela nous donne des pistes de travail intéressantes pour notre plan d’actions.
Nous présentons l’empreinte environnementale totale pour chaque indicateur, rapportée par utilisateur chez BTI-Advisory, mise en perspective avec le Benchmark 2022. Deux exemples concrets sont :
Attardons-nous un moment sur les phases du cycle de vie qui ont le plus d’impact, selon notre étude. Bien qu’il soit maintenant reconnu que les impacts environnementaux se concentrent majoritairement sur la phase de fabrication (extractions des ressources, utilisation d’eau bleue, destruction de biodiversité), il est intéressant de comprendre comment l’allongement de durée de vie du matériel peut lentement amortir cette empreinte.
| Indicateur | Explication | Unité | Valeur totale | Valeur par utilisateur | Valeur par utilisateur Benchmark 2022 |
|---|---|---|---|---|---|
| ADPe | Utilisation des ressources minérales et métalliques | kg Sb eq | 0.1 | 2.9e-3 | 0,016 |
| ADPf | Utilisation des ressources fossiles | MJ | 101 046.2 | 2590.9 | 13 534 |
| AP | Acidification | mol H+ eq | 23.9 | 0.6 | 2 |
| CTUe | Ecotoxicité eau douce | CTUe | 74 931.4 | 1921.3 | |
| CTUh-c | Toxicité pour l’homme cancérogène | CTUh | 1.7e-6 | 4.4 e–8 | |
| CTUh-nc | Toxicité pour l’homme non cancérogène | CTUh-nc | 5.2e-5 | 1.3e-6 | |
| Epf | Eutrophisation de l’eau douce | kg P eq | 2.1 | 5.3e–2 | |
| Epm | Eutrophisation marine | kg N eq | 6.3 | 0.2 | |
| Ept | Eutrophisation terrestre | mol N eq | 36.1 | 0.9 | |
| GWP | Changement climatique | kg CO2 eq | 4 137.5 | 106.1 | 426 |
| GWPb | Changement climatique biogénique | kg CO2 eq | 18.5 | 0.5 | |
| PRPf | Changement climatique fossile | kg CO2 eq | 4 120.7 | 105.7 | |
| GWPlu | Changement climatique utilisation des terres et changement d’affectation des terres | kg CO2 eq | 5 | 0.1 | |
| IR | Rayonnement ionisant, problématique pour la santé humaine | kBq U235 eq | 3 992.7 | 102.4 | 612 |
| LU | Utilisation des sols | Sans dimension | 11 890.4 | 304.9 | |
| ODP | Appauvrissement de la couche d’ozone | kg CFC-11 eq | 7.3e-4 | 1.9e–5 | |
| PM | Matières particulaires qui augmentent l’occurrence de maladies | Occurrences de maladies | 1.1e-4 | 2.7e-6 | 1.55e–5 |
| POCP | Formation photochimique de l’ozone | kg NMVOC eq | 10.2 | 0.3 | |
| WU | Consommation d’eau | m3 eq | 3 295.6 | 84.5 | 235 |
| TPE | Energie primaire totale | MJ | 65 907.5 | 1689.9 | 13 383 |
| WEEE | Masse des déchets électriques et électroniques | kg de DEEE |
Ces résultats sont à croiser avec notre étude de maturité des usages du numérique et notre politique d’achat et de fin de vie. Prenons l’exemple des postes utilisateurs :
Nous limitons l’achat de nouveaux matériels en garantissant un rebootage en interne et en attribuant un ordinateur adapté aux besoins spécifiques de chaque collaborateur. Nous évitons le sur-équipement en restant sobres dans les équipements de bureau tels que les double-écrans et les télévisions, ce qui permet une mutualisation renforcée et un allongement de la durée de vie du matériel.
Pour évaluer notre impact, nous utilisons l’indicateur des limites planétaires par habitant (PBCI), qui permet de :
Par exemple, une PBCI de 0,2 pour l’utilisation des terres indique que BTI-Advisory utilise environ 20 % de son budget annuel de terres arables pour ses activités informatiques. De même, une PBCI de 0,1 pour le réchauffement climatique signifie que chaque personne travaillant chez BTI-Advisory émet 10 % du capital GES uniquement pour les activités numériques.
Ce cadre divise notre système terrestre en 9 limites. Lorsque l’une ou plusieurs de ces limites est dépassée (valeur >1), il existe un risque accru de changement radical de système.
Pour notre étude, voici le graphe correspondant.

Ce graphique montre que notre consommation numérique contribue significativement à notre empreinte environnementale.
Notre maturité au sujet d’application des bonnes pratiques du numérique responsable a également été évaluée. Pour rappel, la méthode CMMI a été utilisée pour évaluer chaque pratique.

Nous pouvons constater que les démarches amorcées autour de l’utilisateur et de ses outils de travail numériques sont plutôt positives, nos notes atteignant presque 3. Premièrement, notre équipe Green IT travaille régulièrement à sensibiliser les collaborateurs.trices aux bonnes pratiques Green IT, à travers diverses initiatives telles que les Fresques du Numérique, une sensibilisation initiale lors de l’arrivée des consultants.tes, des présentations, des articles, ainsi que la mise en avant d’une bonne pratique à mettre en place chaque mois. Deuxièmement, au niveau de la téléphonie, nous n’avons aucun poste fixe et seules les équipes des ressources humaines bénéficient d’un smartphone professionnel. Le BYOD est donc mis en place pour la partie téléphonique. Troisièmement, nous fournissons des ordinateurs portables en fonction des besoins spécifiques de nos collaborateurs.trices.
De même notre gouvernance est bien amorcée sur le sujet de par la présence d’une équipe Green IT.
Cependant, au niveau des achats responsables, de la gestion du parc d’équipements et de la gestion logicielle, bien que des initiatives soient prises, il manque aujourd’hui le déploiement d’un process formel et documenté, intégré dans nos principes. Cela nous donne des axes de travail pour améliorer notre niveau.
Pour avancer dans notre démarche Green IT, nous avons défini plusieurs actions stratégiques :
En intégrant ces actions, BTI-Advisory aspire à évoluer vers une maturité plus élevée en matière de numérique responsable. Nous visons un score de fiabilité supérieur à 60 % et une moyenne de maturité de 3 sur 5 pour nos pratiques Green IT. Ces efforts permettront non seulement de réduire notre empreinte écologique, mais également d’assurer une cohérence entre notre vision et nos actions au quotidien.